Un amour éternel
(Keisuke Kinoshita, 1961)

Mélodrame de haute tenue sur fond de haine domestique. Le récit s'étale sur une période de trente ans, divisée en cinq chapitres qui narrent chacun un épisode marquant de la vie du couple composé de Hideko Takamine et Tatsuya Nakadai (évidemment magnifiques, tout comme Keiji Sada, plus en retrait). Hormis la fin, qui déçoit un peu par son aspect conventionnel, le film est d'une grande beauté. Plastique d'abord, avec l'éclatante maîtrise du cadre et l'élégance des mouvements de caméra de Kinoshita ; thématique ensuite, puisque c'est, par le biais de cette histoire générationnelle, celle d'un Japon provincial qui est évoquée. Un jalon important au sein d'une filmographie essentielle.