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West 11 (Michael Winner, 1963)

Un des premiers films du cinéaste à l'époque où celui-ci officiait encore dans son pays natal. Cette chronique sociale, mettant en scène des jeunes adultes en plein Swinging London, s'avère particulièrement intéressante. La destinée du personnage principal (trop rare mais excellent Alfred Lynch), incapable de conserver un emploi et de trouver un but à l'existence, semble frappée immédiatement du sceau de la fatalité. C'est un témoignage saisissant du quotidien d'une jeunesse urbaine confrontée à l'héritage d'une génération qui ne la comprend pas. En ceci, le West 11 participe pleinement au renouveau du cinéma anglais. L'argument policier est très secondaire.

Un justicier dans la ville (Michael Winner, 1974)

Le grotesque malaisant de certaines séquences peut provoquer le dédain des pourfendeurs du film (qui auront déjà vomi sur son aspect supposément fasciste), Death Wish n'en demeure pas moins un bon film, à l’implacable mise en scène mais, surtout, au discours d'une exceptionnelle noirceur. Si l'évolution du personnage progressiste incarné par Charles Bronson en justicier qui se substitue à la police impose la réflexion du spectateur, c'est surtout la réaction des hautes sphères devrait dégoûter les bonnes âmes. Sans doute le film de Winner le plus efficace et réussi avec Le flingueur.

Le flingueur (Michael Winner, 1972)

Quinze premières minutes sans un seul dialogue, un dénouement aussi soudain qu'expéditif et au milieu, une Amérique qui déprime personnifiée par l'excellent Charles Bronson. Le prétexte du tueur à gages vieillissant qui se lie avec un jeune loup ambitieux permet l'élaboration d'un film d'action méthodique et bien ficelé. Cependant, le premier de degré de lecture ne suffirait pas à faire de The Mechanic un film qui compte. Il évoque, pour peu qu'on veuille voir un peu plus loin, les doutes et les souffrances d'un homme de l'ancien monde à l'image des anti-héros superbes incarnés par les Mitchum, Lancaster, Holden ou Coburn. Interprétation sans faille, mise en scène dénuée d'artifices, pas de doute, il s'agit bien du meilleur film de Michael Winner.

La sentinelle des maudits (Michael Winner, 1977)

Un film mystico-horrifique qui se distingue surtout pour son casting de vieilles gloires (Ava Gardner, Burgess Meredith, Arthur Kennedy, John Carradine). Pour le reste, ça ne renouvelle pas vraiment le genre mais Michael Winner, technicien honorable à défaut d’être talentueux, nous livre tout de même deux ou trois scènes marquantes. Le film se conclue sur un vieux truc de scénariste éculé mais toujours efficace. Anecdotique.