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Mark Dixon, détective
(Otto Preminger, 1950)

Ce classique du film noir mérite tous les éloges. Producteur et réalisateur, Preminger a tiré le meilleur parti du roman de William Stuart avec une adaptation signée Ben Hecht, une superbe photographie et le couple vedette de Laura (superbes Gene Tierney et Dana Andrews). Where the Sidewalk Ends (le titre français est trop neutre) mélange savamment le film policier, la romance et l'histoire de la rédemption d'un flic violent écrasé par l'héritage d'un père criminel. La précision de la mise en scène, la profondeur du scénario qui ne néglige ni l'intrigue ni la psychologie des personnages ainsi que la beauté déchirante de la conclusion justifient le statut de ce film magnifique.


Sainte Jeanne
(Otto Preminger, 1958)

Si Jean Seberg est merveilleuse, le film apparaît, hélas, mal foutu et excessivement théâtral. La mise scène handicape cruellement le récit, les enjeux dramatiques, s'ils sont connus en raison du sujet historique, demeurent nébuleux. D'une telle léthargie, le spectateur peine à trouver un intérêt malgré la louable sobriété de l'ensemble et l’intéressante narration. D'autant que Richard Widmark en fait des tonnes dans le rôle de Charles VII. Une déception à la hauteur de l'attente.  


Le cardinal
(Otto Preminger, 1963)

Une fresque époustouflante qui a l'ampleur dramatique de Tempête à Washington, ce qui n'est pas peu dire. S'il ne dispose pas d'une aussi prestigieuse distribution que celui-ci, Le cardinal n'en reste pas moins un film impressionnant de rigueur, que la justesse du ton et l'excellence de la mise en scène subliment constamment. Otto Preminger trouve le parfait équilibre entre l'évolution du personnage principal et les remous d'un monde en pleine explosion. Il faut ajouter que Tom Tryon, qui tient là le rôle de sa vie, est extraordinaire.


Carmen Jones (Otto Preminger, 1954)

Cette adaptation de l'opéra de Bizet brille par sa mise en scène, par la composition des plans et la fluidité de sa narration. Seulement, et c'est le problème majeur du film, c'est d'un ennui colossal. La faute sans doute à des acteurs certes bons mais sans charisme et au manque total d'investissement au niveau des chorégraphies. Ce qui fait de Carment Jones un récital filmé sans vie et ce malgré le pari politique que constituait le fait de faire tourner uniquement des acteurs noirs aux Etats-Unis au milieu des années 50 (ce qui confine aujourd'hui à l'anecdote). Un rendez-vous manqué en somme.