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Le voyage d'Amélie
(Daniel Duval, 1974)

Avec trois francs six sous, Daniel Duval réalise un road-movie étrange et morbide, un film saisissant sur la marginalité où cinq laissés pour compte vivant de minables combines sont embauchés par une petite vieille désargentée pour convoyer le cercueil de son défunt mari. Le réalisme gris, la photo dégueulasse et la réalisation artisanale peuvent rebuter mais il faut bien reconnaître une certaine force désabusée qui touche le spectateur. Un instantané sans fard de la France des années 70 aussi intéressant que bancal.


Effraction (Daniel Duval, 1983)

Le principal atout du film réside dans la prestation inattendue de Jacques Villeret, complètement inquiétant, qui traverse le film comme un zombie. Sinon, dedans on a: Florent Pagny pris en otage, une vieille qui danse seule dans un bistrot désert, les seins de Marlène Jobert, du papier peint jaune à motifs et des rideaux orange… sauf que tout ça, ça ne suffit pas. Il faut le reconnaître, c’est un peu chiant.

La dérobade (Daniel Duval, 1979)

D'un sujet sordide, Daniel Duval a fait un film sordide. La prostitution, le quotidien des médiocres, des petites frappes et des maquereaux, la violence des rapports humains... l'acteur et réalisateur propose une vision réaliste -et donc pathétiquement tragique- des bas-fonds, quelques séquences étant au passage difficilement regardables. On regrettera ainsi une certaine complaisance dans le propos. Miou-Miou se donne corps et âme pour son rôle et sa prestation doit être soulignée. La musique de Vladimir Cosma, en revanche, est insupportable.