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L'invraisemblable vérité
(Fritz Lang, 1956)

La sécheresse et la rigueur de la mise en scène vont de paire avec l'implacable démonstration du cinéaste qui nous offre ici ce qui est très probablement son meilleur film américain. Ses œuvres précédentes semblent toutes contenues et se justifier par Beyond a Reasonable Doubt, sorte d'aboutissement formel et thématique de plus de trois décennies passées à questionner la nature humaine. Le scénario est d'une intelligence remarquable et Dana Andrews est parfait. Un très grand film.


Chasse à l'homme (Fritz Lang, 1941)

Man Hunt constitue probablement le film "anti-nazi" le plus abouti de Lang. La formidable photographie d'Arthur C. Miller impose dès la séquence introductive une impression de maîtrise absolue des clairs-obscurs (on pense immédiatement à l'expressionnisme allemand avec un goût prononcé pour les jeux d'ombre). Quant à la mise en scène, elle est d'une exceptionnelle intelligence (qu'on songe à la bouleversante séparation entre Walter Pidgeon et Joan Benett sur un pont londonien), enrichie par ailleurs de très belles idées de cinéma (la broche !). L'admirable distribution ne gâche rien.

Désirs humains (Fritz Lang, 1954)

La lourde hérédité présente dans La bête humaine (Zola et Renoir) a été effacée au profit d'un héros plus "propre" mais le récit n'a pas perdu de sa force. Alors même que Lang sent son étoile pâlir du côté d'Hollywood, c'est sa mise en scène qui s’assèche pour ne laisser place qu'aux relations tragiques qui lient les trois personnages principaux. La réalisation s'accorde donc de manière plus évidente au sujet, nouvelle manifestation du génie du cinéaste qui aura rejeté avec son producteur huit versions du scénario. Comme quoi, la censure a parfois du bon.  Longtemps sous-estimé, Human Desire est un film brillant, supérieur à l'adaptation française.