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La fille qui en savait trop (Mario Bava, 1963)

Formidable giallo de Mario Bava. Derrière une intrigue policière prétextuelle mais pas dénuée d'intérêt, le talentueux cinéaste développe une ambiance mystérieuse aux frontières de la folie et du fantastique, tel un labyrinthe dans lequel pénètre le spectateur à travers le personnage principal (Leticia Roman, formidable jeune ingénue qu'on croit sombrer dans la paranoïa). Rome, plus particulièrement la Place d'Espagne bien connue des amoureux de la capitale italienne, est photographiée magnifiquement (quelle lumière ! quel travail sur les clairs-obscurs !) et la mise en scène est constamment inventive et dynamique. Ni plus ni moins qu'un chef-d'oeuvre du cinéma de genre et le meilleur film de son auteur.

La planète des vampires (Mario Bava, 1965)

Peut-être le film du cinéaste avec La baie sanglante où son exceptionnel talent d'artisan est le plus éclatant. Bava a un budget dérisoire à sa disposition, des acteurs moyens, un scénario sans ambition et pourtant, il parvient à faire vivre un environnement, une planète entière grâce à une mise en scène astucieuse. Tirant le maximum des décors en carton-pâte, des possibilités de photographie qui semblent avec lui sans limite, il nous offre un des fleurons de la série B dont l'influence sera énorme par la suite pour le cinéma de science-fiction.


Danger: Diabolik ! (Mario Bava, 1968)

Le dynamisme de la mise en scène et l'ambiance quasi-psychédélique de ce film d'espionnage ont quelque chose de réjouissant. D'autant que l'inventivité de Mario Bava est ici largement mise à contribution. Conçu comme une parodie, le film paie néanmoins la pauvreté de son matériau d'origine (une bd très prisée des Italiens), les ressorts narratifs paraissant ainsi extrêmement brouillons. Cela étant dit Danger: Diabolik ! demeure un meilleur film que ceux qu'il singe.

Duel au couteau (Mario Bava, 1966)

Une "épopée" parfaitement soporifique où la nullité des acteurs est concurrencée par le ridicule des séquences d'actions. Bava, maître de la composition des cadres et de l'inventivité visuelle, parvient certes à imposer sa patte au détour de quelques jolis plans mais semble se foutre éperdument de l'intrigue. Selon les films, cela passe plus ou moins. Ici, les talents du cinéaste ne parviennent pas à compenser l'indigence du scénario et la pauvreté des moyens.


Cani arrabiati
(Mario Bava, 1974)

Invisible pendant très longtemps, l'avant-dernier film de Bava est peut-être le plus glaçant des polars italiens de la décennie. L'un des plus réussis également. S'il n'est pas exempt de reproches (la constante hystérie qui anime les malfrats peut sembler grand-guignolesque et assomante), la violence des situations, l'urgence de la mise en scène, la nerveuse bande originale du grand Stelvio Cipriani, l'ahurissante conclusion... Cani arrabiati dérange, choque, provoque un malaise suffocant. Il est le témoin d'une Italie déboussolée, confrontée aux années de plomb et son climat délétère. Ce road-movie nihiliste révèle un cinéaste non pas cynique mais désabusé. On en ressort épuisé mais durablement chamboulé. La marque d'un film qui compte.


La baie sanglante (Mario Bava, 1971)

Considéré à plus ou moins juste titre comme un proto-slasher, il serait bien injuste de résumer Reazione a catena à cette simple étiquette. L'histoire (sans grand intérêt) passionne finalement peu Bava qui, tel un artisan et comme à son habitude, se sert de l'occasion pour expérimenter. Il en résulte un film furieusement moderne, en forme de poème macabre où musique (Stelvio Cipriani !) et jeux de focales invitent le spectateur à vivre une véritable expérience sensorielle. Le cinéma de genre dans ce qu'il a de plus noble.