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La marmaille (Dominique Bernard-Deschamps, 1935)

Trois ans avant le formidable Monsieur Coccinelle, Bernard-Deschamps réalisait ce très beau film, déjà avec Pierre Larquey (toujours aussi excellent). Tendresse et subtilité en sont les maîtres-mots et la question des rapports parents-enfants n'est pas sans anticiper Place aux jeunes de McCarey. L'égoïsme des adultes, la peur de l'abandon chez un enfant, le conflit de génération, la solitude d'un père trompé... c'est avec une grande justesse que les auteurs (dont celui du livre éponyme) dépeignent un quotidien fait de joie, d'inquiétude, de tristesse et de résignation. La marmaille s'achève un soir de Noël, dans un élan d'optimisme qui évoque certains classiques américains.

Tempête (Dominique Bernard-Deschamps, 1940)

Après une introduction aussi surprenante qu'alléchante le film retombe rapidement dans des travers académiques assez rédhibitoires. Tempête n'est pourtant pas un mauvais film, mais une oeuvre convenue où le drame intime vécu par Erich Von Stroheim a du mal à captiver. On notera aussi que le personnage d'Arletty, pourtant tête d'affiche, ne sert absolument à rien. La fin, en revanche, est assez belle.

Monsieur Coccinelle (Dominique Bernard-Deschamps, 1938)

L'un de ces films qui rappellent combien le cinéma français des années 30 était l'un des plus audacieux, des plus originaux et des plus séduisants. L'inventivité scénaristique et visuelle, la fantaisie et la poésie qui émanent du film de Bernard-Deschamps sont une source constante de ravissement. On n'oubliera pas de sitôt la journée-type du fonctionnaire Coccinelle (Pierre Larquey est prodigieux), hilarante pique à l'encontre de l'administration, ni le bienveillant regard porté par le cinéaste à son personnage principal. Monsieur Coccinelle est un film rare et singulier. C'est également une œuvre remarquablement aboutie.