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Avec le sourire
(Maurice Tourneur, 1936)

« Quelle époque ! En haut ! En bas ! De la boue ! » Ce mot dans la bouche du personnage Ernest Villary résume à lui seul l'esprit de cette formidable comédie. Le tour de force des auteurs consiste à délivrer leur vision extrêmement pessimiste de la France des années 30 dans un film à la verve comique irrésistible. La sophistication des dialogues et les formidables comédiens y sont pour beaucoup. Maurice Chevalier est impérial mais que dire d'André Lefaur, merveilleux interprète du directeur de cabaret irascible mais à la probité exemplaire ? Nous sommes incontestablement en présence de l'un des meilleurs films français d'avant-guerre.


Le voleur
(Maurice Tourneur, 1933)

Quel ennui que cette adaptation d'une pièce d'Henry Bernstein ! La théâtralité écrase un récit qui n'était déjà pas des plus passionnants (dans une maison bourgeoise, le jeune homme de la famille s'accuse d'un vol par amour). Ici, nous avons la preuve éclatante que la durée n'a rien à voir avec le rythme, la concision et, finalement, la fluidité d'un film (pas même une heure ici). Lourdeur du montage, de l'interprétation, de l'argument narratif... tout est affreusement daté et n'a pour ainsi dire aucune espèce d'intérêt.

Cécile est morte ! (Maurice Tourneur, 1944)

Une adaptation extrêmement balisée. Tourneur père doit se plier à un cahier des charges qui ne fait pas du dynamisme et de l'inventivité ses priorités. D'où le sentiment d'un film paresseux qui n'a pas d'autre ambition que de surfer sur la popularité du célèbre personnage inventé par Simenon. On est loin de ce qu'à pu faire un Clouzot, pourtant lui aussi produit par la Continental durant l'Occupation.


Péchés de jeunesse (Maurice Tourneur, 1941)

Le dernier film français d'Harry Baur se révèle particulièrement laborieux et sans imagination. Cette production Continental réalise les ambitions de ses décideurs: un cinéma sans vague ni remous qui condamne, à de rares exceptions près, les réalisateurs à des rôles de simples exécutants. Décevant.

Justin de Marseille (Maurice Tourneur, 1935)

Un travail qui tient de l'équilibrisme tant Tourneur, avec un talent certain, est constamment à cheval entre le film noir à la française et le pittoresque quasi comique propre à la localisation de l'intrigue. En dehors de la théâtralité trop prononcée de certains acteurs, il faut mettre au crédit des auteurs (parmi lesquels Carlo Rim) une caractérisation des personnages très bien sentie et l'admirable rendu de l'atmosphère marseillaise. Très bon.