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La proie du désir
(Roberto Rossellini & Marcel Pagliero, 1943)

Un drame néo-réaliste hélas lourdement handicapé par une dramaturgie grossière. Si le portrait de femme et la dénonciation des archaïsmes de la société italienne sont convaincants, on aurait en effet apprécié plus de finesse dans l'écriture et surtout une actrice digne d'être l'objet de toutes les convoitises (80 ans après, on a tout de même du mal à voir Elli Parvo en victime de sa sensualité). Dommage, d'autant que la fin (bien que tout à fait attendue) est assez bouleversante.


Les amants de Brasmort
(Marcel Pagliero, 1951)

L'histoire à proprement parler n'est pas des plus passionnantes et manque d'un peu plus de rigueur narrative pour que le film soit une véritable réussite. Mais, et c'est vraiment saisissant, Pagliero instaure une ambiance réaliste qui emporte l'adhésion. Le soin apporté à peindre les conditions de vie des mariniers (tournage à Conflans-Sainte-Honorine) est notable et s'inscrit dans la même veine qu'Un homme marche dans la ville. La qualité de la photographie et la délicate musique de Georges Auric sont également à souligner.


Un homme marche dans la ville (Marcel Pagliero, 1950)

On regrette que l'aspect sentimental ait pris une telle ampleur dans ce récit aux accents néo-réalistes évidents. La louable intention de Pagliero (qui a travaillé avec Rossellini) de dépeindre le quotidien de dockers du Havre est ainsi trop rapidement diluée dans une intrigue conventionnelle d'adultère et de jalousie où la dimension sociale devient secondaire. Au regard du traitement des personnages, loin de l'idéalisation ouvrière d'un Renoir par exemple, on comprend pourquoi ce film a été massacré à sa sortie par le PCF. Il y a pourtant ici une vérité touchante, à l'image du décor naturaliste d'une ville que l'on devine en reconstruction après la Seconde Guerre Mondiale.