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Meurtres ?
(Richard Pottier, 1950)

Que Vecchiali tienne ce film en bonne estime surprend quelque peu. Ce qu'il appelle classicisme est en réalité une montagne d'académisme doublée d'un cynisme constant ; des personnages évidemment mais surtout, à travers eux, des auteurs, Jeanson en premier lieu. La critique de la bourgeoisie de province est tellement grossière et caricaturale (du Chabrol avant l'heure) que le film perd rapidement en intérêt. D'autant que le jeu des acteurs, Fernandel en tête, apparait terriblement affecté.


Ouvert contre X (Richard Pottier, 1952)

Ce film policier est excessivement académique dans sa mise en scène et le scénario est relativement balisé. La progression du récit est linéaire et sans grande surprise. Cependant, il faut mettre à son crédit d'excellents dialogues signés Marc-Gilbert Sauvajon où se succèdent humour et gravité avec une grande efficacité. Les acteurs sont excellents. De la bonne "qualité française" en somme.

Les caves du Majestic (Richard Pottier, 1945)

Dernier film produit par la Continental, Les caves du Majestic a la linéarité des Maigret précédents. Mais contrairement à Picpus par exemple, l'astucieuse intrigue policière est doublée d'un traitement très fin sur la question du rapport filial. C'est particulièrement émouvant et cela donne un supplément d'âme à ce film par ailleurs sans surprise. La gouaille d'Albert Préjean, toujours à son aise dans le costume du célèbre commissaire, fait le reste.

Picpus (Richard Pottier, 1943)

Les adaptations de Simenon avec Albert Préjean dans le rôle du Commissaire Maigret ont toutes un point commun: hormis l'acteur principal qui incarne son rôle avec un plaisir apparent et communicatif, c'est terne, académique et relativement convenu. Ici, Picpus a au moins le mérite de nous proposer une galerie de seconds rôles que le cinéphile retrouvera avec plaisir et de conclure l'enquête en moins de 90 minutes.

Huit hommes dans un château (Richard Pottier, 1942)

Agréable comédie policière dominée par la prestation de René Dary (qui sera chez Jacques Daniel-Dorman un Nestor Burma épatant) et l'articulation savamment dosée du scénario de Jean-Paul Le Chanois et Jean Aurenche. L'argument du couple de romanciers mêlés à une histoire de meurtre et d'héritage fonctionne à merveille. Pottier n'est pas un grand réalisateur mais l'apparent académisme de la mise en scène est régulièrement contrebalancé par un montage servant au mieux l'histoire et ses personnages.