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Assis à sa droite / Black Jesus
(Valerio Zurlini, 1968)

La parabole christique est évidente, tout comme la référence à Patrice Lumumba. Avec son présupposé contestataire, Black Jesus est un film bien de son époque, à l'image de ce que faisait au même moment un Costa-Gavras. Mais Zurlini est un cinéaste bien plus intéressant et privilégie davantage le hors-champ qu'un questionnement frontal. L'attention portée à la mise en scène s'en trouve ainsi considérablement renforcée (la partie dans la prison notamment), soutenue par la présence massive et superbement expressive de Woody Strode.


Des filles pour l'armée
(Valerio Zurlini, 1965)

Outre l'évocation du conflit italo-grec, peu abordé au cinéma, l'intérêt de ce très beau film réside dans les portraits intimistes et bouleversants de ces jeunes prostituées hellènes destinées aux bordels pour officiers italiens. Jamais misérabilistes, ces portraits confrontent le spectateur à une réalité crue, parfois sordide, incarnée avec conviction par des actrices magnifiques (Tomas Milian étant lui aussi formidable). La mise en scène du cinéaste est à l'avenant, d'une profonde justesse et d'une rectitude morale inattaquable. Le soldatesse est une nouvelle manifestation de la sensibilité admirable de Valerio Zurlini.


Les jeunes filles de San Frediano (Valerio Zurlini, 1955)

Pour son premier film, Valerio Zurlini adapte Vasco Pratolini (ce sera à nouveau le cas avec Journal intime) et s'attache à décrire la trajectoire d'un séducteur invétéré qui multiplie les conquêtes sans se soucier des conséquences affectives. Alors que Le ragazze... débute comme une comédie sentimentale légère, le ton se fait progressivement plus triste et l'amertume de l'ensemble des personnages s'exprime de manière plus éclatante. Intéressante aussi, sa dimension sociale puisque le personnage principal, un jeune mécanicien, s'attire les faveurs d'une grande bourgeoise. Le film se déroule par ailleurs à Florence, chose assez rare dans le cinéma italien, ce qui ne gâche rien.

Été violent (Valerio Zurlini, 1959)

L'histoire d'amour qui lie le jeune Trintignant à la jolie Eleonora Rossi Drago est surtout pour Zurlini l'occasion d'une étude de mœurs sous l'Italie d'un régime mussolinien finissant. Attachant une importance considérable aux sentiments déployés par ses deux personnages principaux (mais également ceux des seconds rôles), le cinéaste parvient à développer une critique virulente du patriarcat et de la rigidité de la cellule familiale tout en proposant de merveilleux moments d'émotion. Tout cela sans omettre pour autant d'évoquer la guerre et ses ravages, notamment lors de cette bouleversante séquence finale de bombardement. Un très beau film.