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Con la vida hicieron fuego
(Ana Mariscal, 1959)

La cinéaste fait ici preuve d'une certaine ambition formelle et narrative mais le film pêche hélas sur plusieurs aspects. Les premières minutes du film et la réflexion sur le temps qui passe sont assez belles et la réalisation de bonne facture. La question de l'incapacité des générations à se comprendre vraiment n'est pas inintéressante mais aurait sans doute mérité d'être plus approfondie. Plus médiocre en revanche est la manière dont Mariscal aborde les tourments amoureux de son personnage principal (caricatural Georges Rigaud) et carrément révisionniste son traitement de la Guerre civile espagnole. Actrice phare du franquisme, elle semble ici payer sa dette au Caudillo.


Le pari
(Ana Mariscal, 1960)

Une amusante et très perspicace comédie espagnole dont le ton fait incontestablement penser à son équivalent italien. Ça brocarde avec malice le mythe de l'argent facile contre la simplicité des humbles tout en évitant soigneusement l'écueil de l'angélisme ; avec intelligence en somme. Chaque personnage est écrit avec précision et apporte sa pierre à l'avancée de la narration. Un peu de cynisme, un soupçon de critique et beaucoup de drôlerie, La quiniela est un film réjouissant. 


Le chemin
(Ana Mariscal, 1964)

Chronique provinciale émouvante qui trouve sans cesse le juste équilibre entre un ton sinon comique au moins léger et la tragédie. Les gamins sont excellents et la critique de la religion plutôt intelligente (ce sont finalement bien plus les bigotes que le curé qui cherchent à régenter la vie des âmes). La cinéaste espagnole produit un film réaliste qui raille le monde des adultes sans se départir d'une véritable tendresse pour certains d'entre eux (parmi lesquels le fromager, le forgeron, l'instituteur). El camino est un joli film qui ne manque pas de pointer les angoisses face à la modernité.