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Le quatrième pouvoir (Serge Leroy, 1985)

"La vérité c'est comme les oignons, ça a dix-huit pelures différentes !". Voilà en somme le leitmotiv de ce film tout à la gloire du journalisme face aux magouilles du pouvoir. C'est louable sauf que c'est raté: la platitude des dialogues (voir la citation ci-dessus), la mollesse mise en scène et les caricatures permanentes nuisent irrémédiablement au propos. D'autant que les acteurs (y compris Noiret) semblent totalement à côté de leurs pompes. La filmographie de Serge Leroy, après une décennie 70 pourtant intéressante (La traque et Attention, les enfants regardent), a manifestement perdu en intérêt. 

Légitime violence (Serge Leroy, 1982)

Plastic Bertrand sur scène en guise de générique, voilà qui file une grosse suée d’entrée ! Mais comme ça ne sert strictement à rien du point de vue du scénario, le spectateur est vite soulagé: c’est en réalité une réflexion sur l’auto-défense alors même que le film sort un an après l’abolition de la peine de mort en France. Comme le scénario est signé Manchette, ce n’est pas sans intérêt même si le trait est un peu gros (avec une conclusion en référence explicite à l’assassinat de Kennedy). Les plus pervers voudront apercevoir furtivement les seins de Véronique Genest.

Attention, les enfants regardent (Serge Leroy, 1978)

Une curieuse (et heureuse) surprise dans la seconde partie de carrière de Delon. L'acteur vedette s'efface volontiers au profit de mômes excellemment bien dirigés. La noirceur du film et l'ambiance quasi surréaliste de certaines séquences font de Attention, les enfants regardent une œuvre à part dans la filmographie marginale -et pourtant- intéressante de Serge Leroy (qu'on repense à La traque ou Le mataf). Il y a une sensibilité impressionnante dans les scènes entre les enfants, dont les personnages sont finement écrits. A voir.

Les passagers (Serge Leroy, 1977)

Sorte de Duel à la sauce franco-italienne, le film de Serge Leroy offre ce qu'il faut de tension pour tenir en éveil le spectateur. Ce road-movie un peu terne niveau mise en scène possède néanmoins un atout majeur: l'interprétation d'un Bernard Fresson inquiétant comme jamais. Pour le reste, on est loin de La traque, le meilleur film de son auteur.