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Mise à sac
(Alain Cavalier, 1967)

Par sa gestion de l'espace (une ville entière perdue au milieu des montagnes) et l'incroyable précision du cinéaste à suivre la dizaine de malfrats dans la préparation, l'exécution et la conclusion de l'opération, ce film est tout à fait extraordinaire. La densité et la sécheresse du récit se retrouvent dans le choix d'acteurs tels que l'imposant Michel Constantin ou Daniel Ivernel, absolument parfaits, mais également dans l'écriture que Cavalier partage avec Claude Sautet. Efficace et dénué de tout artifice psychologique, il s'agit très probablement du film de casse français le plus réussi jamais tourné.


Libera Me
(Alain Cavalier, 1993)

Un travail admirable tant sur l'image que sur le son. La précision de la mise en scène, le soin apporté à chaque geste, à chaque détail, rappellent évidemment le cinéma de Bresson. Ici, pas un dialogue, pas une parole. Juste l'étouffante représentation d'une oppression face à quelques individus entrés en résistance. La puissance de l'image est ici éblouissante et l'ambition formelle, à partir de moyens dérisoires, saisissante. Du grand cinéma.


Un étrange voyage (Alain Cavalier, 1981)

Une merveille de sensibilité. Evidemment, le film doit beaucoup à la magnifique prestation de Jean Rochefort qui met son cœur à nu comme jamais, mais il serait injuste et surtout faux de le résumer à cela. Un étrange voyage porte surtout la marque d'un cinéaste brillant, capable de tirer parti d'une évidente modestie de moyens pour cerner au plus près le drame d'un homme. C'est simple, mais c'est beau, à l'image de Martin et Léa ou Le plein de super. La fille d'Alain Cavalier, Camille de Casabianca, également co-scénariste, est elle aussi excellente.