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Un homme à genoux
(Damiano Damiani, 1979)

Si le scénario s'articule avec quelques artifices narratifs quelque peu faciles, le propos n'en est pas moins percutant. Fidèle à sa marque de fabrique, Damiani interroge l'omniprésence de la mafia dans le quotidien italien (ici en Sicile) à tous les niveaux de la société. La mise en scène retranscrit parfaitement ce sentiment d'étouffement. Côté interprétation, Guiliano Gemma confirme qu'il n'est pas extraordinaire, mais il faut souligner la prestation de Michele Placido qui lui vole la vedette. Les dernières minutes sont d'une grande densité émotionnelle. Bon film.


L'ennui et sa diversion, l'érotisme
(Damiano Damiani, 1963)

Logique: d'un bouquin chiant de Moravia sur la vie inintéressante de nantis qui cherchent un sens à leur existence, Damiani et son scénariste Tonino Guerra ont tiré un film tout aussi chiant. On y suit encore sans véritable intérêt les errements d'un jeune bourgeois qui trompe l'ennui avec une fille sans attache. Bien sûr (et heureusement), la très jolie Catherine Spaak illumine de sa présence cette œuvre difficilement aimable parce que totalement vaine dans son traitement du désir et des rapports sociaux.


L'île des amours interdites
(Damiano Damiani, 1962)

Il ne se passe pas grand-chose dans ce film très intimiste où la narration évolue autour de trois ou quatre personnages seulement et un décor strictement cantonné à l'île de Procida. Mais Damiani, qui n'a pas encore trouvé la voie politique qui fera de lui un auteur célébré, par la beauté de sa mise en scène et sa manière de filmer les protagonistes sans jamais les juger fait de L'isola di Arturo une œuvre tout à fait digne et pudique. Les acteurs, peu connus, sont bons.


Un juge en danger
(Damiano Damiani, 1977)

L'Italie des années de plomb et son implacable fatum, la trahison des services secrets qui jouent double voire triple jeu, les attentats quotidiens... Damiani réussi une nouvelle fois à signer un grand film politique sans qu'il s'agisse d'un bête manifeste gauchisant. Le récit est mené efficacement (notamment à l'arrivée du second juge) et Gian Maria Volontè est, comme à son habitude, formidable.


Nous sommes tous en liberté provisoire
(Damiano Damiani, 1971)

L'univers carcéral dans toute son horreur: violence, corruption, solitude et folie. Damiani signe un film radical, dérangeant au possible. A travers l'enfer vécu par le personnage de Franco Nero, l’implacable constat du cinéaste peut être élargi à la société toute entière où n'existent que la compromission, les rapports de classe et l'élimination systématique des plus faibles. Quelques effets (vraiment marginaux) de caméra ne sont pas du meilleur goût mais la bande-son bruitiste de Morricone ajoute au sentiment d'enfermement. Un grand film politique.

Les femmes des autres (Damiano Damiani, 1963)

La rimpatriata (littéralement "la réunion") est un beau film parce que modeste dans son expression mais incroyablement sensible et pertinent sur le miracle économique italien. Les retrouvailles de cinq fanfarons plus ou moins en phase avec la modernité est l'occasion pour Damiani de dresser un portrait pessimiste de l'Italie des années 60. Après l'euphorie des débuts, cette soirée passée entre ami(e)s laisse peu à peu percer les tensions, les rancœurs, les regrets et finalement l'amertume. Walter Chiari est tout à fait excellent.