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L'empire du crime
(Fernando Di Leo, 1972)

Les ramifications internationales de la mafia, le quotidien de l'Italie des années de plomb, le proxénétisme... la violence thématique de La mala ordina est le prétexte à un film éreintant. S'il incarne exemplairement un genre en vogue, il n'est ni le plus abouti de son auteur ni le plus réussi formellement. L'efficacité du récit (ce qui est le minimum avec une intrigue ramassée et un montage épileptique) est handicapée par la caricature des personnages et une surenchère dans les effets. La séquence finale dans la casse automobile est à ce titre tout à fait éloquente.


La jeunesse du massacre (Fernando Di Leo, 1969)

Un film plus passionnant sur le fond que réellement abouti sur la forme. Adaptant le grand romancier Giorgio Scerbanenco, Di Leo dresse un portrait saisissant de la jeunesse italienne et, plus particulièrement, du sous-prolétariat milanais en cette fin de décennie. Evitant soigneusement les écueils d'une lecture gauchisante, le cinéaste propose une vision progressiste qui n'interdit ni la lucidité, ni le pessimisme. La mise en scène est crue, pas souvent très habile, mais suffisamment efficace pour maintenir un rythme alerte. La conclusion de l'enquête ne parait pas très convaincante mais l'intérêt est ailleurs. Bon film.

Milan calibre 9 (Fernando Di Leo, 1972)

Un polar violent, anxiogène, dont les cadrages sont d'un bout à l'autre totalement irrespirables, même lors des plans larges. Tous les personnages, qu'ils soient petits truands, parrains, flics semblent irrémédiablement condamnés d'avance, que ce soit à la mort ou à l'incertitude. Après un générique brillant et nerveux (sur une musique de Luis Bacalov), Di Leo nous offre un film d'un intérêt constant quoique formellement inégal. On regrettera principalement les mouvements d'appareils parfois à la limite du psychédélique (et donc, fatalement, de mauvais goût) et le gunfight principal aussi illisible que ridicule.

Avere vent'anni (Fernando Di Leo, 1978)

Un film d'une cruauté inouïe qui évoque de manière totalement désenchantée la libération des mœurs à travers les aventures amoureuses de deux jeunes femmes insouciantes. A mesure qu'on avance, les utopies libertaires prennent du plomb dans l'aile et si le début annonce une fable légère, les plans finaux relèvent de la violence la plus achevée. La beauté éclatante des deux actrices accentue comme s'il en était besoin la puissance de ce film coup de poing.