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1900
(Bernardo Bertolucci, 1976)

L'ampleur de la fresque a de quoi impressionner et passionner d'autant que la maîtrise technique est stupéfiante. On ne compte plus les morceaux de bravoure, les séquences inoubliables et les plans d'une beauté vertigineuse (merci la photo de Storaro), le tout bercé par la superbe BO de Morricone... mais l'ensemble paraît très inégal. La faute à une écriture pour le moins manichéenne, sans nuance (les personnages incarnés par Donal Sutherland et Laura Betti sont des caricatures gênantes), et à un érotisme malsain dont on ne sait pas ce qu'il apporte à l'ensemble. D'autant plus dommageable que les enjeux historiques, sociaux et politiques sont pourtant passionnants. L'expression boiteuse de "grand film malade" s'applique parfaitement à Novecento.


Les recrues
(Bernardo Bertolucci, 1962)

Le premier film de Bertolucci fait, dans sa structure narrative, irrémédiablement penser au Rashomon d'Akira Kurosawa. La comparaison s'arrête là tant La commare secca, bien davantage qu'une réflexion sur la vérité, est avant tout une plongée assez sinistre dans les bas-fonds romains. Un talent indéniable dans la réalisation est déjà notable mais, sans doute fasciné un objet qu'il méconnaît, le très jeune cinéaste issu d'un milieu intellectuel ne s'encombre pas de nuances et en devient lourdement démonstratif.


La tragédie d'un homme ridicule (Bernardo Bertolucci, 1981)

Un film fort curieux qui cultive une sorte de mystère permanent sur la personnalité de son anti-héros, incarné très sobrement par Ugo Tognazzi (primé à Cannes). Ce n'est pas à proprement parler un film politique même si le contexte politique italien est partout présent (les enlèvements, les Brigades Rouges, les années de plomb). Ce n'est pas non plus un film social même si les rapports de classe sont partout prégnants. C'est un film intimiste sur la famille, le couple et la filiation. L'ambiance est quasi-irréelle, lorgnant parfois vers du Buñuel. Très intéressant.