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Trafic en haute mer
(Michael Curtiz, 1950)

Cette nouvelle adaptation d'Hemingway surpasse à bien des égards celle réalisée par Hawks (Le port de l'angoisse). Ce que le film perd en sensualité par rapport à son aîné, il le gagne en sécheresse et en vivacité. La caméra de Curtiz accompagne avec nervosité (et fatalité) l’implacable destinée du personnage joué par John Garfield (absolument remarquable). L'ultime scène (avec le gamin noir délaissé sur le port) bouleverse et achève de faire de The Breaking Point un grand film aux qualités éclatantes, bien au-delà du genre.


L’homme dans le filet (Michael Curtiz, 1959)

Film tardif dans la carrière du prolifique Michael Curtiz, The Man in the Net est davantage un drame de la modernité qu’une enquête à proprement parler. Le titre est d’ailleurs évocateur et le personnage incarné par un Alan Ladd aux traits fatigués se retrouve autant victime de l’alcoolisme de sa femme ambitieuse que de son choix de vivre hors du monde. Le beau scénario de Reginald Rose (auteur de 12 hommes en colère) évoque sans détour les travers d’une société prompte à condamner sans jugement. Curtiz ne sacrifie d’ailleurs jamais cet amer constat au profit de l’intrigue policière. A noter les très beaux rôles des cinq gamins et la présence du charismatique et toujours excellent Charles McGraw. Une belle découverte.

Le vaisseau fantôme (Michael Curtiz, 1941)

Bonne adaptation de Jack London par le très expérimenté Michael Curtiz (épaulé au scénario par Robert Rossen et Byron Haskin pour les décors et effets). L'ambiance impitoyable de l'univers marin est parfaitement rendue et les acteurs sont excellents (un film avec Ida Lupino est forcément un bon film). Un agréable moment de cinéma.

Le crime était presque parfait (Michael Curtiz, 1947)

Photographie très stylisée, Claude Rains inquiétant et manipulateur, femme disparue:  voilà les ingrédients de ce film noir solidement réalisé. Curtiz, en artisan doué, ficelle tout cela avec talent, la narration ne perdant jamais en rythme ni en intérêt (le récit est continuellement dynamisé par un nouvel élément). L'équation génie du mal + localisation dans une grand maison bourgeoise fonctionne à merveille. La séquence finale est très réussie.

Female (Michael Curtiz, 1933)

Le film, gentiment corrosif, égratigne quelque peu la "valeur travail" jouant habilement de son argument de base: une grande usine automobile dirigée par une femme à poigne qui éconduit un à un ses prétendants avant de tomber sous le charme d'un de ses ingénieurs. C'est amusant comme tout, Ruth Chatterton interprétant cette célibataire endurcie avec malice. Si Female, rythmé à souhait (60 minutes chrono), pêche un peu par une conclusion aussi expéditive que conformiste, Curtiz (à moins que ce ne soit Dieterle ou Wellman, eux aussi un temps sur le projet) trousse l'ensemble avec talent. Bon film.