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Chantage
(Kinji Fukasaku, 1966)

Un monument au sein de l'imposante (et inégale) filmographie du cinéaste ! Par la densité dramatique, la puissance du montage et de la réalisation ainsi que par l'excellence des acteurs et son écriture, Odoshi est un très grand polar. L'inventivité permanente de la mise en scène et la dureté de certaines séquences en font un film inoubliable. Qu'on songe seulement à ces quinze dernières minutes haletantes et au dénouement ! Un modèle du genre, à situer quelque part entre les films noirs de Fuller ou Aldrich et Entre le ciel et l'enfer de Kurosawa.


Gangsters en plein jour
(Kinji Fukasaku, 1961)

Un polar de la première période de Fukasaku, à l'époque où celui-ci n'avait pas encore opté pour l'hyper violence doublée d'une structure narrative totalement éclatée. Le film n'en est pas moins percutant (à l'image de son générique) et la nature du propos n'est pas sans rappeler le très fameux Odds Against Tomorrow. Intéressante aussi, l'évocation en filigrane de l'occupation américaine. Certes, les acteurs ne sont pas tous extraordinaires mais Tetsuro Tamba a une vraie présence. C'est pas mal du tout.


Hommes, porcs et loups
(Kinji Fukasaku, 1964)

Un polar d'une violence inouïe, sans échappatoire, dans lequel Fukasaku fait déjà preuve d'un remarquable sens de l'espace. Loin de ses films de yakuzas aussi énergiques que bordéliques réalisés la décennie suivante, il exécute ici une œuvre certes heurtée mais d'une grande cohérence stylistique. Sans cesse sur le fil du rasoir, flirtant avec l'anarchie la plus totale, il développe un propos très fort sur les laissés pour compte et l'oppression systémique d'un Japon cauchemardesque. La première grande réussite du cinéaste.


La marche de Kamata
(Kinji Fukasaku, 1982)

Les excès habituels de Fukasaku se trouvent majoritairement incarnés dans le personnage de la star de cinéma qui fait passer sa carrière avant toute considération amoureuse. Pour le reste, le cinéaste surprend avec cette chronique amère de l'amour fou et du sacrifice, parfois bancale mais d'une sincérité incontestable. Joli aussi cet hommage à la Shochiku et au cinéma en général. En dépit d'une bande originale horripilante, nous sommes en présence d'un des meilleurs films de son auteur.


Violent Panic: The Big Crash
(Kinji Fukasaku, 1976)

Le générique et les premières minutes font immanquablement penser à un poliziottesco de la même période (caméra à l'épaule, bande originale, hyper-expressivité des acteurs et de la mise en scène). A certains égards, on retrouve même l'hystérie des films transalpins les plus irritants du genre. En témoigne cette hallucinante séquence finale, interminable course-poursuite presque illisible à force de véhicules et de protagonistes. Un polar épuisant.


Kamikaze Club (Kinji Fukasaku, 1968)

La nature pop du générique et une désinvolture (qui veut se faire passer pour de la liberté) certaine dans la mise en scène peuvent rebuter mais il faut reconnaître au film une indéniable efficacité. Le montage fiévreux et l'hystérie de quelques scènes insufflent au récit un sentiment d'urgence qui sied assez bien au personnage principal. Un exercice de style caractéristique du cinéaste. Assommant par certains aspects, mais fort heureusement Kamikaze Club dure moins de 90 minutes.

Sous les drapeaux, l'enfer (Kinji Fukasaku, 1972)

Le traumatisme vécu par tout un pays à travers le terrible chemin de croix d'une veuve pour découvrir la vérité sur la mort de son mari. C'est intéressant, assez universel pour toucher l'occidental, mais les excès de réalisation qui habituellement servent plutôt bien les films de Fukasaku apparaissent ici comme un handicap. Le scène de l'exécution sur la plage, à la toute fin du film, est en revanche superbe.