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La femme porte-bonheur
(Juzo Itami, 1990)

Grâce à un personnage écrit sur mesure pour sa compagne à la ville Nobuko Miyamoto, le cinéaste livre une nouvelle critique acerbe de la société japonaise. Qu'il s'agisse des traditions séculaires ou des magouilles politiciennes, rien n'échappe à son œil aiguisé et ironique. Il y mêle avec un talent toujours aussi sûr le comique, le tragique et le pathétique. Un monde où l'homme, à la fois prédateur et victime de ses bas instincts, n'a décidément pas le beau rôle.


A Taxing Woman
(Juzo Itami, 1987)

Toujours cette habileté chez Itami à manier les ruptures de ton, à faire cohabiter la comédie et le récit plus grave (ici, le film policier sur fond d'escroquerie aux impôts). Mais son cinéma est aussi l'opportunité pour lui de radiographier l'état du Japon et d'en faire une critique radicale. La corruption des élites est dénoncée sans ambages mais la question des inégalités face à la puissance publique n'est pas éludée. Ainsi, l'opiniâtreté des fonctionnaires des impôts devant les petites gens est aussi critiquée. On retiendra également le lien qui se noue entre l'héroïne et le trafiquant, à l'image de cette dernière scène magnifique. Du très bon.


Minbo ou l'art subtil de l'extorsion
(Juzo Itami, 1992)

Le très original Itami signe ici une nouvelle réussite où se mêlent avec une fluidité remarquable burlesque et drame. A la quasi bouffonnerie du premier tiers succède une charge violente sur le système yakuza et ses mécanismes mafieux pour intimider et racketter les victimes. La vitalité du montage et une mise en scène particulièrement élaborée ajoutent aux qualités de cette œuvre épatante de justesse qui coûta probablement la vie à son auteur (son "suicide" maquillé 5 ans plus tard). Les acteurs, Nobuko Miyamoto en tête, sont excellents.


Tampopo (Juzo Itami, 1985)

Un petit bonheur de film parodique qui emprunte à tous les genres pour aboutir à une somme farfelue, euphorique et ironique. Dès les premières images, lorsque le personnage en costume prend à partie le spectateur dans le cinéma (puis l'emmerdeur qui bouffe son paquet de chips), on sent que Tampopo (nom du personnage féminin en quête du ramen parfait) ne sera pas un film comme les autres. Film picaresque autant que récit initiatique, imprégné de culture cinématographie et culinaire, il faut le voir pour le croire. Et surtout, accepter d'être happé par une narration inégale mais réjouissante. Pépite.