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Adieu jeunesse
(Henry King, 1941)

De manière certaine, l'un des sommets du cinéaste. Concision du récit, dynamisme de la mise en scène, souveraine pudeur, bienveillance envers les personnages... toutes les qualités rencontrées au cours de sa longue et précieuse filmographie sont ici parfaitement éclatantes. Le long flash-back narrant la rencontre entre un garçon tempétueux et son institutrice est un modèle de narration où King prend soin de mettre sur un pied d'égalité les deux protagonistes. Superbe aussi l'histoire d'amour qui se noue entre les excellents John Payne et Claudette Colbert. Magnifiques enfin, ces dernières minutes où l'émotion affleure partout (le sourire, les retrouvailles, l'évocation tragique et retenue d'un mariage brisé par la guerre...). Pas de doute, Remember the Day est un grand film.


Le cygne noir
(Henry King, 1942)

Evidemment le film doit beaucoup à son superbe technicolor mais il faut souligner aussi la vivacité du style et le charme des deux acteurs principaux. Les séquences tournées en studio sont des plus réussies et la distribution des seconds rôles est un régal (Thomas Mitchell, Laird Cregar, Georges Sanders, Anthony Quinn !). L'époque bénie où les grands studios avaient une ambition artistique. Un bon divertissement en somme, exécuté avec habileté par un Henry King inspiré.


L'orphelin de la mer
(Henry King, 1948)

Un récit pudique et bienveillant sur l'enfance et ses difficultés. Henry King ne se rend coupable d'aucune faute de goût et son propos comme sa mise en scène sont épurés à l'extrême (en témoigne la séquence de l'adoption). On retiendra la prestation des deux acteurs principaux, le toujours impeccable Dana Andrews et le jeune et déjà talentueux Dean Stockwell. Jean Peters est plus en retrait.


La roulotte rouge / La belle écuyère (Henry King, 1940)

Un King en mode mineur où ni l'interprétation (Fonda pourtant), ni le rythme ne suffisent à sortir le spectateur de l'ennui. Le Technicolor n'est pas vilain mais l'intrigue est tellement conventionnelle et les personnages stéréotypés que l'on peine à distinguer de véritables qualités à ce film paresseux. Seule l'évocation rapide de l'esclave en fuite peut à la rigueur paraître progressiste, le reste est totalement figé, sur le fond comme sur la forme.