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L’amour à la mer
(Guy Gilles, 1965)

Les défauts entrevus dans Le pan coupé étaient donc déjà à l’œuvre dans le premier film du cinéaste. En résulte quelque chose d’éminemment prétentieux, où les dialogues sont assénés sans aucun sentiment. La construction du récit est totalement fragmentaire et artificielle, Gilles estimant sans doute que la désinvolture est une forme artistique. Le contexte algérien vue de métropole est évacué au profit de considérations amoureuses sans intérêt. Constamment léthargique.


Au pan coupé
(Guy Gilles, 1968)

Il serait injuste de ne pas reconnaître les qualités esthétiques du Pan coupé, Guy Gilles ayant un talent indéniable pour composer ses images, et l'authenticité des sentiments qui l'inondent. Le problème vient davantage de la structure narrative, complètement artificielle, ainsi que des dialogues, trop littéraires et désincarnés. En résulte un film intellectuel qui agace plus qu'il ne fascine et dans lequel la modernité ressemble hélas un peu trop à de la prétention.


Le crime d'amour (Guy Gilles, 1982)

Une tentative intéressante (mais un peu pompeuse et pas toujours aboutie, pour tout dire) de réinvestir le polar sous un angle sentimental et cérébral. L'intrigue policière, on le comprend bien au fur et à mesure que Le crime d'amour avance, n'intéresse finalement que très peu le cinéaste. L'ambiance du film surprend et déroute, de même que la structure narrative, suffisamment alambiquée (quoique lisible) pour entretenir le flou sur la conduite des personnages. La mise en scène n'est pas toujours très tenue mais, encore une fois, il faut reconnaître qu'elle conforte les protagonistes dans leur leurs doutes et leur mal-être. Macha Méril, dans son double rôle, s'en sort très bien.