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En haut des marches (Paul Vecchiali, 1983)

Sans doute le film le plus émouvant de Vecchiali. Émouvant parce qu’il évoque avec pudeur et tendresse sa mère, son attachement à la ville dans laquelle il a passé la plus grande partie de sa jeunesse (Toulon) et, travail honnête de mémoire, le passé compromettant de sa famille durant la guerre. Le travail de mise en scène, le découpage et le soin apporté à la musique sont à souligner. C’est aussi une déclaration d’amour à une actrice merveilleuse : Danielle Darrieux. Trente ans après Madame de…, elle demeurait toujours aussi éblouissante.


Zone franche
(Paul Vecchiali, 1996)

Il faut souligner la cruelle conclusion du film qui anticipe avec une acuité rare pour l'époque les mythes de l'intégration et du vivre-ensemble en banlieue. Seulement Paul Vecchiali pèche à faire prendre totalement au sérieux son discours pour au moins deux raisons, et non des moindres : la caractérisation des personnages va du ridicule au caricatural et les acteurs, certes amateurs, sont absolument catastrophiques. Les dialogues, pourtant prépondérants, sont ainsi ânonnés de façon pathétique. Un constat d'autant plus problématique que la mise en scène ne relève pas l'intérêt finalement limité de Zone franche.


Le café des Jules
(Paul Vecchiali, 1989)

L'implacable stupidité de personnages de plus en plus avinés, leur banale monstruosité, la vulgarité qui passe pour de la grivoiserie, l'ennui et les considérations bas de plafond... Vecchiali filme un drame d'une dureté rarement vue dans le cinéma français. Et pourtant, point d'artifice, point de facilité d'écriture. Jacques Nolot, acteur et scénariste, est proprement admirable, tout comme Brigitte Roüan, bouleversante (le plan sur son visage lors de la scène culminante... c'est du très grand cinéma !). Le café des Jules, qui s'achève sur un plan-séquence d'une beauté renversante, est l'une des plus grandes réussites du cinéaste.