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Song of the Exile
(Ann Hui, 1990)

En partie autobiographique, le film traite avec une infinie pudeur la question de l'identité et du déracinement. C'est la grandeur de la cinéaste que d'avoir su donner à chacun des personnages une telle intégrité avec, en toile de fond, l'histoire des relations sino-japonaises. La mise en scène est l'avenant: d'une suprême élégance (qu'on songe à cette scène où, face à la mer, Hueyin écoute sa mère évoquer les raisons de l'exil). Un superbe mélodrame qui confirme le talent d'une magnifique actrice: Maggie Cheung.


The Secret
(Ann Hui, 1979)

Le premier film de la cinéaste est une oeuvre mystérieuse, parfois angoissante, où l'on perçoit déjà un talent certain de mise en scène. L'intrigue parait quant à elle un peu tiré par les cheveux et le secret, rapidement éventé, n'a finalement pas beaucoup d'importance. L'ambiance poisseuse et les belles séquences (notamment de nuit) font le prix de ce film qui affirme une véritable identité chez son auteur et marque les débuts de la Nouvelle Vague hongkongaise.


Zodiac Killers
(Ann Hui, 1991)

Derrière le décorum propre aux films de genre hongkongais, la réalisatrice signe un beau film sur le déracinement, thématique qui lui est particulièrement chère puisqu'elle irrigue l'ensemble de son oeuvre. La vision très pessimiste de l'intégration tranche avec le grand-guignol, là aussi habituel dans ce type de film, de certaines séquences d'action. Concession commerciale ? Probablement mais l'essentiel n'est donc pas là. D'autant que la mise en scène d'Ann Hui, dans les moments les plus intimistes, témoigne toujours d'une grande sensibilité.