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Cinq heures de terreur
(Ted Tetzlaff, 1953)

Quel ennui et quelle paresse dans l'écriture ! Le générique, prometteur, laisse entrevoir un film sinon palpitant du moins au suspense suffisamment bien géré pour que le spectateur y trouve son compte. Au lieu de cela, le rythme est lénifiant et les personnages insignifiants (rarement vu Glenn Miller si peu employé). Ne parlons même pas d'Anne Vernon dont le rôle n'apporte strictement rien à l'intrigue. On retiendra tout de même les motivations très floues du terroriste et la torture psychologique à laquelle ont recours les flics pour le faire parler. C'est trop peu pour sortir Time Bomb de l'oubli.


Gambling House
(Ted Tetzlaff, 1950)

Ça a les atours du polar, un acteur (Victor Mature) qui s'est particulièrement distingué dans le polar, un salaud (William Bendix) typique du polar, mais Gambling House n'est en réalité pas tout à fait un polar. L'intrigue n'est qu'un prétexte pour évoquer le sort des immigrés rêvant d'une vie meilleure aux Etats-Unis. En cela, le film est un document particulièrement intéressant sur les conditions d'intégration de cette masse de travailleurs venus du monde entier. Evidemment, il est tout à la gloire du rêve américain (voir les échanges avec le juge). La fin (superbe) est en revanche parfaitement digne des meilleurs films noirs.


A Dangerous Profession
(Ted Tetzlaff, 1949)

L'introduction, pleine de promesses, apporte un vernis réaliste sur l'univers carcéral et le fonctionnement des cautions aux Etats-Unis. On imagine alors un film sec à la manière de Dassin. Il n'en est rien hélas : c'est soporifique au possible, l'intrigue se développe sans conviction et George Raft est un acteur toujours aussi limité. Personne ne croit à son idylle avec Ella Raines, pas plus qu'à ce film noir très laborieux, aussitôt vu aussitôt oublié.


Under the Gun (Ted Tetzlaff, 1951)

Alors qu'elle partage le haut de l'affiche avec Richard Conte, c'est paradoxalement lorsqu'Audrey Totter n'est pas à l'écran que le film est le plus intéressant. Toute la partie dans la prison, avec un détenu désigné volontaire pour surveiller ses camarades dans l'espoir d'une libération anticipée, est passionnante. Le reste s'avère plus classique avec le voyou qui s'éprend d'une chanteuse et la course-poursuite finale (quoique dans les Everglades). Un film noir à découvrir.


Une incroyable histoire
(Ted Tetzlaff, 1949)

Dans ce film d'1h15, les vingt dernières minutes sont les plus réussies (la partie où le couple d'assassins prend réellement conscience du danger que constitue le jeune témoin). Plus sèche et radicale, elle tranche avec trois premiers quarts parfois un peu répétitifs et à la progression narrative prévisible. Il n'empêche que ce film noir de Tetzlaff, s'il aurait gagné en concision, est une intéressante interprétation de l'histoire de l'enfant qui criait au loup. Et les acteurs sont bons.