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Le jour le plus court
(Sergio Corbucci, 1963)

La parodie de la super production américaine dont elle singe le titre est davantage due à la pléiade d'acteurs qui y font une courte apparition qu'autre chose (Toto, Belmondo, Annie Girardot, Anouk Aimée, Tognazzi...). Hormis ce clin d'œil, c'est une comédie pour le moins répétitive (la faute au duo Franco et Ciccio, franchement pénible) mais l'écriture relativise les notions de courage et d'héroïsme à grands renforts de sarcasmes. On est tout de même très loin des chefs-d'œuvre de Monicelli et Comencini.


Le pot-de-vin
(Sergio Corbucci, 1978)

Derrière la prestation désabusée d'un grand Manfredi (presque aussi grand que dans Pain et chocolat, c'est dire) se cache un film politique percutant et très sombre sur la collusion entre la mafia, le milieu des affaires et la politique. Corbucci alterne le comique voire le loufoque (la découverte des cadavres, la dégustation de spaghettis comme torture, les relations entre le héros et sa compagne) avec des considérations plus tragiques (les derniers dialogues avec Tognazzi, commissaire de police sans illusion sur l'état de son pays). Efficace et très bien écrit, La mazzetta est une réussite complète.


Deux grandes gueules (Sergio Corbucci, 1974)

Empruntant allègrement à la farce, le cinéaste dresse un portrait à la fois drôle et grossier, fantasque et touchant de deux routiers (admirablement campés par Michel Constantin et Giancarlo Giannini) mus par des désirs de liberté. Mais la farce truculente se transforme rapidement en drame intime et humain où rien n'est épargné à nos antihéros. L'apparente modestie des moyens n'empêche pas le film de tutoyer l'excellence. L'acuité des auteurs à dépeindre des personnages constamment attachants et la justesse du regard posé sur la réalité socio-économique d'alors y sont pour beaucoup.