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Deux lettres anonymes
(Mario Camerini, 1945)

La guerre finissante, un triangle amoureux se dessine alors qu'une femme est désirée par un homme résistant et son meilleur ami, plus enclin à collaborer avec l'occupant allemand. Au-delà des problématiques morales développées (la trahison, la fidélité, le sacrifice), le film dresse le portrait d'une Italie essorée qui essaie de se racheter une virginité après deux décennies de fascisme. A ce titre, le témoignage est intéressant mais il convient de garder une distance critique vis-à-vis de la mythologie.


Chacun son alibi
(Mario Camerini, 1960)

Malgré une distribution cinq étoiles et la présence de Sonego à l'écriture, le film est une vraie déception. En dépit donc de l'abattage des trois acteurs principaux (surtout Sordi, bien entendu), ce qui fait le prix des bonnes comédies italiennes (critique de la modernité, des mœurs, du poids des traditions, la satire sociale...) est étonnamment absent. Crimen est vide de toute substance et, si quelques scènes sont assez réussies et savoureuses, il n'en reste finalement pas grand chose.


Les hommes, quels mufles !
(Mario Camerini, 1932)

Bleuette aussi charmante qu'inoffensive. C'est un cinéma conventionnel au possible, avec des situations archétypales et des personnages parfaitement codifiés : une jeune fille timide, un jeune homme maladroit, une suite de quiproquos, un amour naissant et contrarié, pour finir par la promesse d'un mariage et la bénédiction du paternel, homme du peuple compréhensif. De Sica est excellent et le film plutôt alerte.


Ulysse
(Mario Camerini, 1954)

Adaptation d'Homère honnête qui doit tout de même beaucoup au très charismatique Kirk Douglas, Ulysse idéal. Seul le chapitre du cyclope (encore que largement édulcoré) et la cruelle séquence finale ont quelque chose d'un peu ambitieux dans leurs effets, le film restant tout de même très économe de ce point de vue. Cette production Ponti-De Laurentiis manque d'une vraie personnalité derrière la caméra, un artiste propre à transcender ce matériau mythique.


Les grands magasins (Mario Camerini, 1939)

Comédie romantique très agréable et mise en scène avec métier par Mario Camerini. Les acteurs sont délicieux et les relations entre les personnages suffisamment travaillées pour que ça ne finisse pas en bleuette insignifiante. Ça a le charme de certains films américains de la même époque. A la fin, tout rentre dans l'ordre: le directeur des magasins est bienveillant, le perfide sous-directeur est appréhendé, le sidekick de Vittorio De Sica est amoureux d'une fille ingrate et dodue, le couple vedette se retrouve... bref, c'est parfaitement inoffensif. Un plaisir à ne pas se refuser.

Monsieur Max (Mario Camerini, 1937)

Comédie typique de ce qu'on a appelé les "téléphones blancs". C'est aussi agréable que désuet: le vendeur de journaux désirant faire partie du grand monde finit par s'éprendre d'une camériste. Le jeune Vittorio De Sica incarne avec charme le modeste mais ambitieux Signor Max. Le rythme est alerte mais la mise en scène est neutre. Le personnage de l'oncle relève une sauce finalement assez fade.