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Les possédés
(Andrzej Wajda, 1988)

La puissance du texte de Dostoïevski est évacuée au profit d'un hystérie constante. On comprend aisément que le cinéaste, Polonais ayant vécu sous le joug soviétique, ait eu quelques comptes à régler avec le capitalisme d'état bolchévique mais on verse là dans la caricature. Toute la dimension psychologique (et notamment la première partie) est absente. Les acteurs ne sont pas spécialement convaincants (hormis Bernard Blier dans l'un de ses derniers rôles) et la musique, omniprésente, est hélas insupportable. En adaptant l'inadaptable, Wajda se plante.


Tout est à vendre
(Andrzej Wajda, 1969)

Évoquant le deuil (c'est en partie un hommage à Zbigniew Cybulski, l'acteur inoubliable de Cendres et diamant) et la création, le film est très cérébral. Trop même. Malgré quelques jolies scènes (la course avec les chevaux, le coucher de soleil), l'aspect théorique et auteurisant finit par lasser. L'absence de la vedette révèle en réalité l'absence d'une véritable colonne vertébrale. Chichiteux, bavard et très loin des œuvres les plus abouties de Wajda.


Les innocents charmeurs
(Andrzej Wajda, 1960)

C'est curieux de prime abord, sans véritable rythme ni colonne vertébrale mais ça parait pourtant touché par une certaine grâce. C'est un émouvant portrait d'une jeunesse qui fait face à un avenir incertain et qui exprime malgré tout cette soif de vivre que la Nouvelle Vague polonaise aura régulièrement mise à l'écran. Touchante aussi cette histoire d'amour qui naît sous nos yeux. La belle photographie et la bande-son jazzy sont à ajouter au crédit de ce joli film.