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Les maris, les femmes, les amants
(Pascal Thomas, 1989)

S'il n'atteint pas le niveau des grandes réussites naturalistes réalisées la décennie précédente, le film comporte tout de même son lot de moments attachants, certes alourdis par une distribution d'enfants insupportables. Il faut en revanche dire beaucoup de bien des acteurs principaux (Stévenin et Ceccaldi en tête) qui participent à faire de ces quelque 110 minutes une agréable parenthèse de liberté.

Celles qu'on a pas eues (Pascal Thomas, 1981)

Délaissant le naturalisme de ses premières -et merveilleuses- réalisations, Pascal Thomas réalise ici un film à sketchs sur le thème du désir et des déceptions amoureuses. Ecrit par Jacques Lourcelles, il est admirablement dialogué, superbement interprété (quelle distribution ! un régal pour cinéphile) et souvent drôle (les trois premiers sketchs sont les meilleurs). Il pèche néanmoins par sa durée, l'avant-dernière section plombant le rythme d'un film jusqu'ici maîtrisé. Reste cette fin, bouleversante.


Pleure pas la bouche pleine (Pascal Thomas, 1974)

Les amourettes, la découverte de la sexualité, le service militaire, les parties de pêche, le baby-foot, les mobylettes, l'insouciance de la jeunesse, la vie quotidienne dans une ville de province... le film développe avec un naturel désarmant les thèmes chers au cinéaste. C'est drôle, malicieux, émouvant, juste et c'est surtout porté par des acteurs épatants qui donnent à chaque personnage une indéniable vérité. Un cinéma oublié, un monde révolu.

Le chaud lapin (Pascal Thomas, 1974)

Comédie de mœurs particulièrement délectable où le talent naturaliste de Pascal Thomas (le cinéaste français le plus inspiré de la décennie 70, faut-il le rappeler ?) est éclatant. Justesse de l'écriture et des situations, vérité des comédiens (Bernard Ménez dans son meilleur rôle rien que ça mais le reste de la distribution est formidable) et ambiance de vacances parfaitement rendue... Le chaud lapin est un petit miracle où la fragilité des personnages met en lumière leur humanité.

Les zozos (Pascal Thomas, 1973)

Un premier film cruel et réjouissant qui propulse déjà Pascal Thomas au rang de grand cinéaste naturaliste. Les acteurs sont parfaits et les émois adolescents y sont dépeints avec une grande justesse. La présence de Daniel Ceccaldi ajoute encore à la sympathie qu'on éprouve pour Les zozos, dont la conclusion, un brin nostalgique, souligne l'intelligence des auteurs. C'est là tout le prix de ce film (et avant lui, le court-métrage Le poème de l'élève Mikovsky) qui annonçait-là le commencement d'une période bénie avant un déclin évident dans les années 80.

La pagaille (Pascal Thomas, 1991)

Comédie de chambre un peu poussive mais amusante. Les glorieuses années 70 de Pascal Thomas sont loin derrière et, malgré l'apport d'Agenore Incrocci, le film parait cruellement artificiel. On retiendra cependant le rôle savoureux tenu par François Perrier. Pas mal.

La surprise du chef (Pascal Thomas, 1976)

On retrouve ce qu'on aime chez Pascal Thomas, à savoir le naturel épatant des comédiens. Pourtant, là, le récit parait un peu trop corseté. La faute à cette constante voix-off de Papinou, le personnage principal, qui empêche le film de respirer.  Hormis quelques fulgurances bien senties, on est loin de la fluidité des formidables Pleure pas la bouche pleine, Les zozos ou Le chaud lapin. Le film n'en demeure pas moins honnête et croque avec un certain talent la France des années 70.

Un oursin dans la poche (Pascal Thomas, 1977)

Une des raretés de Pascal Thomas. La légèreté et le sens comique de l'auteur sont toujours intacts. Le scénario co-écrit par Lourcelles et Thomas n'est certes pas aussi fort que les chroniques naturalistes que sont Pleure pas la bouche pleine, Les zozos ou Confidences pour confidences mais il distille malgré tout sa dose d'humanisme et nous offre de beaux personnages (le metteur en scène imbu de lui-même, le riche héritier resté dans l'enfance et dont la majorité a été fixée à 37 ans, le milliardaire pingre, le pépé mythomane). Pas dénué de quelques menus défauts (notamment la sous-exploitation de Brigitte Gruel alors qu'elle était épatante dans Le chaud lapin) mais délicieux en définitive.