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L'archipel du Japon
(Kei Kumai, 1965)

Quinze ans avant L'affaire Shimoyama, Kumai dressait déjà le portrait d'un Japon soumis à la présence américaine sur son sol. A partir d'un fait divers de fiction impliquant un sergent de la force occupante, le cinéaste développe une longue enquête sur les réalités d'un pays dont les hautes sphères sont corrompues par un Oncle Sam tirant finalement parti de toutes les crapuleries (marché noir, meurtre, fausse monnaie). Mais à la colère, il préfère l'amertume et le désenchantement, à l'image de son personnage principal (formidable Jukichi Uno). La mise en scène, superbe, renforce le sentiment d'impuissance. Un grand film.


L'affaire Shimoyama
(Kei Kumai, 1981)

Au-delà du réel accomplissement artistique (beauté du noir et blanc, précision de la mise en scène, remarquable écriture), le film s'avère avant tout passionnant dans sa manière de décrire l'occupation japonaise par les troupes américaines après-guerre. En insérant de véritables extraits documentaires d'époque, Kumai contextualise non seulement une affaire célèbre mais aussi les tensions socio-politiques qui ont agité le pays durant plusieurs années. Opportunément, le cinéaste a recours à un format 1,33 pour une immersion encore plus complète. Cette enquête menée de main de maître et particulièrement didactique est dominée par un excellent Tatsuya Nakadai.


La mort d'un maître de thé
(Kei Kumai, 1989)

Adaptation intéressante d'Inoue où l'enquête sur le seppuku du maître (la légende Toshiro Mifune) est basée sur les souvenirs de son ancien disciple. La narration n'est pas la seule à faire la qualité du film: la caméra de Kumai offre un attachement presque charnel au cérémonial qui entoure la tradition du thé et de très jolis plans extérieurs démontrent un sens aigu de la mise en scène. Demeurent peut-être des enjeux politiques et culturels un peu trop nébuleux pour le spectateur occidental.