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L'enfer des zombies (Lucio Fulci, 1979)

Cette tentative transalpine de prolonger la question du zombie initiée par le grand George A. Romero peine à convaincre. Tout d'abord parce que le récit, au-delà d'un vague prétexte vaudou (éludant au passage la dimension politique et sociale, pourtant centrale, de La nuit des morts-vivants et ses suites), est péniblement routinier. Le film, certes bien mis en scène et produisant une atmosphère poisseuse et désagréable, étant torpillé par le côté répétitif des séquences gores. Il ne se dégage qu'une seule scène, aussi traumatisante que mémorable, celle de l’œil "crevé" d'Olga Karlatos. Curieux mais dispensable.

Beatrice Cenci, liens d'amour et de sang (Lucio Fulci, 1969)

Ce qui surprend de prime abord, c'est la violence de certaines séquences de torture. En cela, Fulci donne un avant goût de ce qui sera plus tard sa marque de fabrique. La structure narrative déboussole également mais est finalement des plus intéressantes (plusieurs flashbacks contenus dans un grand flashback). Seule la mise en scène de Fulci empêche d'adhérer totalement à cette histoire sordide: hésitante, alternant le mauvais goût avec des zooms inutiles et parfois -trop rarement- l'élégance, elle n'est pas vraiment à la hauteur du sujet. Georges Wilson, en patriarche cruel et sans pitié, est remarquable.

La longue nuit de l'exorcisme (Lucio Fulci, 1972)

Le titre français inutilement racoleur (ça ne se passe que très peu de nuit et il n'y a pas d'exorcisme) masque les qualités réelles du film: la moiteur du climat campagnard, la question du rapport entre urbanité et ruralité, la superbe musique de Riz Ortolani, ainsi que deux ou trois scènes franchement réussies (notamment le lynchage de la supposée sorcière). L'argument policier est purement narratif et n'a finalement que peu d'intérêt. Un bon film même si on se serait bien passé de la conclusion nanardesque au possible.