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Sept hommes à abattre (Budd Boetticher, 1956)

Produit par John Wayne, ce premier film du "cycle Ranown" est l'un des sommets de la collaboration entre Boetticher et Randolph Scott. Point de caractérisation psychologisante, point d'excès de mise en scène, point d'intrigue prétentieusement alambiquée, point d'acteur qui vampirise la caméra... épure et concision sont les vertus cardinales de ce chef-d'oeuvre de modestie et d'émotions contenues. Une simplicité qui n'affadit pas mais qui transcende au contraire le récit.

La chute d'un caïd (Budd Boetticher, 1960)

Mise en scène et montage incisifs, violence crue, vivacité des situations, charisme du personnage principal, charme singulier de Karen Steele... à bien des égards, les qualités qui présidaient à la complète réussite de l'extraordinaire Ride Lonesome, le chef-d'oeuvre de Budd Boetticher, sont ici encore à l'oeuvre. Seuls le décor et la photographie ont été changés. The Rise and Fall of Legs Diamond est un film de gangster qui a l'énergie crépusculaire des grands films de Fuller et la sécheresse des œuvres contemporaines de Don Siegel. Il est tout à fait réussi.

Behind Locked Doors (Budd Boetticher, 1948)

Réalisé alors que Boetticher officie encore sous le prénom d'Oscar, Behind Locked Doors est une série B adroite et carrée. Le scénario, sous ses airs de dénonciation de la corruption des élites, nous permet surtout de nous plonger dans un asile d'aliénés. Ainsi, l'internement des malades et leur traitement par un soignant sadique laisse entrevoir ce que sera l'incroyable Shock Corridor. L'enquête est un prétexte, c'est le propos qui est passionnant. Les acteurs ne sont pas mauvais et la mise en scène tout à fait efficace. Les auteurs prennent le pouls de l'Amérique et le diagnostic n'est pas fameux. Recommandé.

Le tueur s'est évadé (Budd Boetticher, 1956)

Qu'il s'agisse de la concision du récit, de l'originalité des rapports entre le flic campé par Joseph Cotten et sa femme (la sublime Rhonda Flemming), de l'inoubliable Wendell Corey en psychopathe dévasté, de l'insoutenable séquence finale qui n'en finit plus d'instaurer malaise et inquiétude, les qualités de ce "petit" film noir ne manquent pas. Il ne faut jamais plus de deux ou trois plans à Boetticher pour saisir l'essentiel. Point d'effusion inutile ou de psychologie de comptoir ici, car c'est de cette vitalité qu'il tire toute sa noblesse. Sécheresse pudique, sens aigu de la mise en scène, mélancolie, voilà en substance la matrice des chefs-d'œuvre que le cinéaste réalisera par la suite avec Randolph Scott.

Le déserteur de Fort Alamo (Budd Boetticher, 1953)

Si la sublime épure qui présidera aux chefs-d'œuvre ultérieurs de Boetticher est encore en gestation, le film développe déjà l'histoire d'un homme endeuillé qui cherche à se venger. La mise en scène est déjà affirmée quoique moins percutante, la traitement demeurant lui bien plus conventionnel. Rendons hommage aux auteurs d'avoir épargné au spectateur un développement psychologique inutilement lourdingue, péché mignon qui avait alors cours chez nombre d'entre eux. Une série B distrayante.