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Un baquet de sang
(Roger Corman, 1959)

Derrière ce petit film de série rempli d'ironie macabre, Corman s'en prend à une société de faux-semblants, au monde de l'art et aux soi-disants marginaux (voir la très insupportable et très drôle tirade inaugurale, pensum gauchisant tourné justement en dérision). Entre la folie du personnage principal et ce petit microcosme artificiel, une jeune femme sort du lot, modèle de droiture et de pureté. Les acteurs ne sont pas tous géniaux mais la BO jazzy est très agréable.


Teenage Doll
(Roger Corman, 1957)

La volonté de montrer sans fard la délinquance juvénile (féminine de surcroît) est louable, d'autant que Corman emballe ça comme à son habitude avec métier, dans une certaine forme d'urgence. Les griefs majeurs sont à mettre au débit de l'interprétation, d'une faiblesse rédhibitoire, et d'un scénario sinon paresseux tout du moins excessivement balisé. La conclusion (problème d'écriture toujours) tutoie le ridicule. Un film sans fulgurance mais malgré tout pas inintéressant, qui a le mérite de durer moins d'1h10.


Machine-Gun Kelly (Roger Corman, 1958)

Série B plutôt sympathique, mise en boite avec métier mais sans génie. La modestie évidente des moyens est compensée par un rythme alerte et une nervosité certaine. Cela rend aussi plus agréable un film qui manque de nuance dans son contenu. Intéressant aussi de mesurer déjà la présence physique d'un Charles Bronson pas encore starifié (Corman, découvreur de talents).

Les anges sauvages (Roger Corman, 1966)

Si seulement le spectateur pouvait éprouver un semblant d'intérêt pour ces motards néo-nazis à cheveux longs qui jouent du djembé comme ils tabassent des Mexicains, il passerait sûrement outre l'indigence narrative du film. En d'autres termes, ça n'a aucun intérêt. Pour l'anecdote, et c'est d'ailleurs tout ce qu'on retiendra, Peter Fonda roule déjà en Harley.

Bloody Mama
(Roger Corman, 1970)

Bien que Corman ne se soit pas encombré d’originalité pour réaliser ce film, tardif dans sa prolifique carrière, cela n’entame en rien son efficacité et, il faut le dire, le plaisir du spectateur. Les ficelles sont grosses, le côté B est pleinement assumé et Shelley Winters cabotine un max. Du Corman pur jus qui suit parfaitement la voie formelle et thématique empruntée  par le Nouvel Hollywood. Il y a même De Niro tout jeune dedans.