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Le secret de Roan Inish
(John Sayles, 1996)

Un film familial où l'on attendait pas forcément Sayles mais qui partout respire la maîtrise formelle du cinéaste. Les paysages irlandais sont magnifiquement capturés. Mais le plus abouti ici, c'est sans doute la manière dont chaque spectateur, quel que soit son âge, plonge avec plaisir dans ce récit d'apprentissage mêlant légendes celtiques et touchante variation sur l'enfance et la famille. La gamine est épatante.


Lone Star
(John Sayles, 1996)

La maîtrise narrative et technique est remarquable (il faut voir la fluidité avec laquelle les deux temporalités se mêlent), Sayles confirmant ainsi les louanges prononcées à l'égard de Matewan. C'est un très beau film sur les rapports entre communautés à la frontière du Mexique et du Texas mais c'est avant tout un essai poignant sur la filiation, les mythes et légendes d'un Ouest implacable. Le cinéaste, excellent directeur d'acteurs, signe une œuvre à la violence omniprésente et pourtant presque tout le temps hors-champ. Brillant.


Matewan
(John Sayles, 1987)

La parabole christique est évidente et le récit habilement mené. Les enjeux sont évidemment traités avec parti pris mais la caméra de Sayles capte a merveille la peur, la sueur et la rage des protagonistes. Chris Cooper tenait là probablement le rôle de sa vie. Ce film passionnant révèle une contre-histoire des Etats-Unis, celle du mouvement communiste au pays de l'Oncle Sam avec d'un côté les luttes sociales et de l'autre les agences privées chargées de briser les grèves.