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Le dos au mur (Edouard Molinaro, 1958)

Le premier film de Molinaro est un polar de bonne facture dont la narration, très habile, est la principale qualité. D'une banale histoire d'adultère cette adaptation de Frédéric Dard déroule le portrait d'un homme (épatant Gérard Oury) dévasté par la trahison de sa femme. Le premier quart d'heure, presque entièrement muet, est un modèle d'ouverture et justifie à lui seul l'intérêt du Dos au mur.


Les ennemis
(Edouard Molinaro, 1962)

Ce qui frappe ici, c'est la vivacité du montage et l'accumulation des situations. En résulte bien évidemment un rythme effréné qui fait passer une sensation de trop-plein scénaristique au second plan, Molinaro visant l'efficacité. Les acteurs sont bons et le finale, dramatique, plonge le film dans une noirceur jusque là maintenue à distance. Pas mal du tout.

Dracula père et fils (Edouard Molinaro, 1976)

Parodie très amusante et décalée du mythe de Dracula. Les scénaristes (dont Molinaro) ont réussi le pari casse-gueule de faire cohabiter le grand Christopher Lee et le génial acteur comique qu’est Bernard Menez. Certains gags sont hilarants (la poupée gonflable, la visite de la morgue ou l’achat du cercueil notamment) et la peinture qui écorne gentiment la France giscardienne assez bien sentie. Agréable surprise.

Le souper (Edouard Molinaro, 1992)

Un petit film délicieux, délectable, un petit jeu de massacre où s’entremêlent cynisme, pouvoir et bons mots. Deux acteurs brillants (surtout Claude Rich) incarnent Fouché et Talleyrand, condamnés à trouver une issue honorable (surtout pour eux) à la chute de l'Empereur et un avenir pour la France. Dommage que la réalisation soit si plan plan.

La chasse à l'homme (Edouard Molinaro, 1964)

Proprement réjouissant. L'impressionnante distribution donne un lustre indéniable à cette Chasse à l'homme excellemment dialoguée par Audiard. C'est caustique, drôle, élégant, sophistiqué. Tout juste regrettera-t-on la baisse de régime très nette du dernier tiers; l'emballement aurait été total. Le meilleur Molinaro de la décennie.

La mandarine (Edouard Molinaro, 1971)

Comédie de mœurs inintéressante, plombée par un rythme inexistant et une mise en scène totalement anonyme. Trois ans après la "grande libération sexualo-bourgeoise", Molinaro croit bon de nous infliger ce petit manifeste sans saveur. Dans le même temps, les acteurs ne semblent pas beaucoup plus convaincus. Déjà dépassé en 71, complètement anecdotique 45 ans plus tard.

L'amour en douce (Edouard Molinaro, 1985)

Malgré un générique chanté par Daniel Auteuil qui laisse craindre le pire, L'amour en douce est en réalité une chronique sentimentale réussie qui touche par sa simplicité et sa modestie. Les quatre acteurs (Marielle en tête) sont d'une justesse incroyable et donnent à ce Molinaro tardif une épaisseur bienvenue. Très chouette.

L'ironie du sort (Edouard Molinaro, 1974)

Le dispositif est suffisamment original (filmer les destins possibles de trois résistants en fonction de leurs choix face à l'adversité) pour qu'on s'intéresse à cette œuvre rare de Molinaro. Bien plus qu'un simple artifice de narration, ce choix hérité de la source littéraire éponyme trouve toute sa justification à l'écran. D'aucuns trouveront cela confus voire répétitif mais il faut reconnaitre que le réalisateur s'en sort avec les honneurs, bien aidé en cela par ses acteurs, d'une sobriété exemplaire. Solide.