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Coincée
(Phil Karlson, 1955)

Adapté d'une pièce de théâtre, Tight Spot est un film noir convaincant en dépit des craintes que ce genre d'exercice peut soulever. L'habileté de la mise en scène (un quasi huis-clos) ne surprendra pas les amateurs de Phil Karlson et la poignante authenticité des dialogues doit être relevée (William Bowers, toujours aussi inspiré). La distribution est excellente, en particulier Brian Keith, imposant de présence et d'humanité, et le bien trop rare Lorne Greene, inquiétant à souhait.


L'inexorable enquête
(Phil Karlson, 1952)

Film noir pertinent sur le cynisme morbide de la presse à sensation qui ne recule devant aucune bassesse pour vendre du papier. Les acteurs sont très bien (en premier lieu, c'est évident, l'imposant Broderick Crawford), le récit ne s'encombre d'aucun artifice et Karlson s'acquitte de la réalisation avec efficacité (qu'on songe à la sécheresse avec laquelle sont filmés les meurtres). Etant adapté d'un livre de Samuel Fuller tiré de son expérience personnelle, on se prend tout de même à imaginer ce qu'aurait pu donner ce Scandal Sheet devant la caméra de celui-ci. 


Les frères Rico (Phil Karlson, 1957)

Un excellent film adapté d’un roman de Simenon par un Dalton Trumbo non crédité au générique. Le dilemme moral posé au personnage principal est passionnant et la caméra du solide artisan qu’est Phil Karlson permet de donner un cachet très réaliste au film. Il s’éloigne ainsi d’une esthétique de polar au profit d’une analyse sans concession du poids de la mafia dans la société américaine. On a même un semblant de constat social avec les origines italiennes des trois frères Rico. Richard Conte est comme d’habitude remarquable.

L'assaut des jeunes loups (Phil Karlson, 1970)

L'expérimenté et talentueux Phil Karlson réalise un film de guerre d'une grande originalité puisque mettant en scène des enfants armés entre deux personnages adultes (Rock Hudson excellent et Sylva Koscina jolie comme un cœur). La mise en scène et le découpage sont redoutables d'efficacité et la musique de Morricone est superbe. On retiendra principalement la séquence du presque viol en raison de sa dureté (qui, dans le cinéma américain à part Peckinpah, a osé montrer des mômes aussi cruels ?). On regrettera une écriture un peu grossière par moments mais dans l'ensemble c'est du bon boulot, exécuté avec métier.

On ne joue pas avec le crime (Phil Karlson, 1955)

Un bon noir de série B aux accents tantôt comiques (le début), tantôt romantiques (l'arrivée de Kim Novak), n'éludant aucunement le traumatisme de soldats rendus à la vie civile. C'est l'aspect le plus intéressant du film. Si la fin s'avère aussi surprenante que bienvenue, l'ensemble manque malgré tout un peu de peps et les acteurs apparaissent rapidement limités. Phil Karlson nous a habitué à mieux.

The Phenix City Story (Phil Karlson, 1955)

L'aspect documentaire (le film est tiré de faits réels) et lourdement démonstratif de l'introduction laisse craindre quelque chose de laborieux. Fort heureusement le film montre par la suite un tout autre visage et la peinture sans concession de la bourgade rongée par la corruption est tout à fait saisissante. Sec et nerveux, The Phenix City Story bouscule quelque peu les conventions quant à la reproduction de la violence et anticipe à ce titre ce que sera Underworld U.S.A. de Fuller. Un solide polar.