
La Noire de... (Ousmane Sembène, 1966)
La cinéma et la critique institutionnels étant des microcosmes de gauche, il était normal que ce film soit porté aux nues. Abordant frontalement la question du colonialisme et du racisme, réalisé par un cinéaste et écrivain militant, La Noire de... n'est pourtant pas exempt de défauts. A commencer par cet aspect sentencieux, excessivement rigide et désincarné (les acteurs sont nuls, ce qui fait évidemment penser à du Bresson). Pur produit de son époque, il ne brille pas non plus par l'équilibre de son propos (le patron est finalement plus un benêt qu'un progressiste). La mise en scène en revanche est des plus abouties, superbe de sécheresse, magnifiant la beauté naturelle de l'héroïne. Surestimé.