
La Ciénaga (Lucrecia Martel, 2001)
Difficile à appréhender, ce premier film se distingue par une maîtrise formelle évidente. Délaissant une narration trop linéaire, la cinéaste privilégie (et ce sera également le cas pour la suite de sa carrière) les ambiances, les non-dits. Ici, tout est poisseux, suffocant, comme le nord de l'Argentine en plein été et le pays frappé par la crise économique. La petite bourgeoisie locale, accablée par l'inaction, l'alcool et un conflit de générations, incarne une nation sclérosée, incapable de sortir de sa torpeur. Convaincant.