
La vérification (Alexeï Guerman, 1971)
Dans ce premier film réalisé seul, le cinéaste donne la pleine mesure de son talent. La mise en scène est d'une sècheresse remarquable tout en étant particulièrement expressive (superbe exploitation du cinémascope, caméra au plus près des acteurs, photographie surexposée). Mais la force de La vérification tient sans doute de l'ambiguïté permanente qui entoure le personnage de Lazarev. Guerman filme la guerre mais aussi l'héroïsme de manière très personnelle, comme un drame intime, une quête à échelle humaine; ou comment un traitre en quête de rédemption accepte son destin, peu importe le froid, la faim, la mort.