
Je la connaissais bien (Antonio Pietrangeli, 1965)
Authentique drame parsemé çà et là de quelques élans comico-pathétiques (Manfredi, Tognazzi et Adorf sont en première ligne), le film de Pietrangeli est un portrait féminin comme le cinéma transalpin en comporte finalement assez peu (hormis ceux, souvent remarquables, de Pietrangeli justement). C'est le portrait d'une innocence sans cesse bafouée, d'une âme ingénue régulièrement humiliée; c'est aussi celui de l'Italie du miracle économique où les rapports de classes sont omniprésents. La force de la mise en scène, la cruauté de l'écriture (Ruggero Maccari, qui avait déjà signé le scénario d'Annonces matrimoniales, et Ettore Scola) et la sublime Stefania Sandrelli font de Je la connaissais bien une œuvre inoubliable. Comme cette fin, glaçante.