Hommes, porcs et loups
(Kinji Fukasaku, 1964)

Un polar d'une violence inouïe, sans échappatoire, dans lequel Fukasaku fait déjà preuve d'un remarquable sens de l'espace. Loin de ses films de yakuzas aussi énergiques de bordéliques réalisés la décennie suivante, il exécute ici une œuvre certes heurtée mais d'une grande cohérence stylistique. Sans cesse sur le fil du rasoir, flirtant avec l'anarchie la plus totale, il développe un propos très fort sur les laissés pour compte et l'oppression systémique d'un Japon cauchemardesque. La première grande réussite du cinéaste.