Rue barbare (Gilles Béhat, 1984)

Banlieue sordide, drogués, alcooliques, putes, paumés, jeune asiatique violée, député corrompu, héros en quête de rédemption... le film de Gilles Béhat rend parfaitement le malaise prolétaire du milieu des années 80 et s'inscrit dans cette mouvance de films de série dans lequel les pépites sombres côtoient les navets infâmes. S'il n'appartient pas à la première catégorie, Rue barbare ne manque pas de qualités: la radicalité des séquences et des dialogues amènent une sécheresse incroyable, les personnages sont incarnés par des acteurs convaincants, la photo et la musique ne sont pas sans rappeler le travail de Carpenter sur Espace from New York. Seule la baston entre Giraudeau et Donnadieu est totalement ratée parce que complètement nanardesque. Evidemment, Télérama a détesté. On s'en "bat les couilles".