Midi, gare centrale (Rudolph Maté, 1950)

Une histoire d'enlèvement dont la mise en scène interpelle à défaut de totalement surprendre. En dépit d'un canevas assez classique, on signalera une sècheresse particulièrement prononcée (la pauvre aveugle kidnappée maltraitée en hors-champ, la mort d'un des complices sous les sabots d'un troupeau de vaches, la conclusion dans le souterrain d'un entrepôt désaffecté -Maté n'oublie pas son expérience de chef-opérateur-) qui confère à l'ensemble une ampleur tragique plus importante qu'attendu. Ampleur confirmée par le ton désabusé de plusieurs personnages. S'il n'a ni la rigueur ni la richesse des grands films de Mann, Fuller ou de Joseph H. Lewis, Union Station demeure un petit noir estimable.