Rapt à l'italienne (Dino Risi, 1973)

En prise directe avec une réalité pour le moins tendue, ce film rare (invisible depuis des années pour être exact) mérite tous les éloges. En ce qui concerne la mise en scène tout d'abord, puisque Risi est fidèle à son exigence d'élégance, ne filmant jamais contre ses personnages, quelles que soient leurs raisons; du point de vue narratif ensuite tant le récit s'imprègne au fur et à mesure d'une nuance tragique bienvenue; quant à l'interprétation enfin, l'opposition inattendue entre Mastroianni, l'industriel veule, et Oliver Reed, l'anarchiste intransigeant, se révélant succulente. Comédie noire typique de la veine pessimiste du grand Dino Risi, Mordi e fuggi (double-sens anarcho-culinaire qui en dit long sur l'ironie mordante des auteurs) contient peut-être la séquence finale la plus puissante de toute l'œuvre du cinéaste.